Qui serait l'apôtre saint Jacques le Majeur?

Pourquoi le Majeur, et comment être à peu près certain de ne pas le confondre avec saint Jacques le Mineur ?…
La Légende dorée (1264 de Jacques de Voragine, archevêque de Gènes), propose une filiation compliquée des deux Jacques : « Joachim épousa une femme nommée Anne, laquelle deux fois veuve, aurait eu trois maris : après Joachim, Cléophas et Salomé. De son premier mari, elle eut une fille qu'elle appela Marie et qu'elle donna en mariage à Joseph. Marie engendra et mis au monde N.S. Jésus-Christ. A la mort de Joachim, elle épousa Cléophas, frère de Joseph, et elle eut une autre fille qu'elle appela Marie comme la première qu'elle maria avec Alphée et avec lequel naquirent quatre fils (Jacques le Mineur, Joseph le Juste, Simon et Jude). Anne après la mort de son second mari, épousa Salomé de qui elle engendra encore une autre fille qu'elle appela aussi Marie et qu'elle maria à Zébédée. Puis cette Marie « Salomé »engendra de ce Zébédée deux fils, à savoir Jacques le Majeur et Jean l'Évangéliste » qui seraient donc frères et cousins-germains de Jésus, Anne demeurant leur grand'mère commune.
Les deux Jacques seraient alors également cousins-germains entre eux et non « frères » comme il est dit dans « les Apôtres » d'Ernest Renan, ni frères de Jésus. Mais il semblerait qu'au temps de Jésus, on assimilait les cousins-germains à des frères.
En outre, Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, serait donc l'aîné et Jacques le Majeur le cadet des deux cousins. Alors le premier était-il plus petit que le second ? (Comme on parle dans la région de Marseille d'un minot à propos d'un petit gars). Ou bien le Majeur fut-il appelé le premier par Jésus ?
Saint Jacques le Mineur est mort et enterré à Jérusalem, toutefois la plus grande partie de ses ossements serait parvenue à Rome et une autre partie dispersée, à l'initiative de Charlemagne, en France (Toulouse, Langres), en Belgique (Anvers) et curieusement et troublant, un morceau du crâne dans une église de Santiago de Compostela (San Zoile). D'autre part, on apprend qu'en 1117, l'évêque de Braga rapporta de Jérusalem un autre fragment de la tête de saint Jacques le Mineur. Il en fit don à la Reine Urraca, épouse de Sancho el Grande, qui l'offrit à son tour à Diego Gelmírez, archevêque de Compostelle, pour venir rejoindre les reliques de la cathédrale. Toujours troublant!
Alors comment considérer que Jacques le Majeur est celui de Compostelle? Par élimination?
Avec son frère Jean, et Pierre surtout, ils ont tous trois grande autorité et primauté parmi les apôtres. On retrouve Jacques le Majeur dans tous les grands événements du Nouveau Testament, à la Transfiguration, à l'agonie du Jardin des Oliviers. Jésus appelait Jacques et Jean « Fils du Tonnerre ». Toujours selon la Légende Dorée, « Jacques faisait grand bruit avec ses prédications, il effrayait les méchants, excitait les paresseux et s'attirait l'admiration générale par la profondeur de ses paroles ».
Jacques joue un grand rôle dans les trente premières années du Christianisme. Eusèbe de Césarée écrit que Jacques a reçu du Christ et des Apôtres l'autorité sur l'Église de Jérusalem (l'Église Primitive).
Enfin, avant d'être décapité en 44 par Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, c'est à Jacques le Majeur qu'aurait été confié par Jésus l'évangélisation d'une partie de le péninsule ibérique.
Or selon Flavius Josèphe, Jacques le Majeur aurait assisté au Synode de Jérusalem en 47. D'autre part, Clément d'Alexandrie (150-211) et Eusèbe de Césarée (265-339) rapportent que Jésus ordonna aux Apôtres de ne pas s'éloigner de Jérusalem pendant douze ans après son Ascension. Assurément, maintes contradictions selon les sources !…
Le débat demeure ouvert, n'hésitez pas à faire vos propres recherches et nous faire part de vos intuitions ou découvertes.